Matériel archéologique

La première étape de ce travail est la mise en ligne des oeuvres découvertes lors de la première série de campagne de fouilles archéologiques menée par Jules Barthoux entre 1926 et 1933 à la demande d'Alfred Foucher, directeur de la Délégation Archéologique Française en Afghanistan.

Concours de force : l'éléphant tué par Devadatta

HADB N° : 475
Catégorie : Iconographie
Type d'objet :Bas-relief
Matière : Schiste
Provenance : Haḍḍa
Localisation : Haḍḍa, localisation perdue
N° de Localisation : Inconnu
Datation :
Dimension : h = 22 cm ; l = 20 cm
N° d'inventaire de fouille :
Lieu de conservation : National Museum of Afghanistan
N° d'inventaire musée : MK 40
Trace de polychromie : Non
Type de restauration : Pas de restauration

Description :

La scène se place sous une corniche denticulée et est bordée par une colonne « indo-corinthienne » placée dans un cadre. Sous un arc à volutes kudu symbolisant une porte, peut-être l’entrée d’une ville, se trouve un personnage debout, presque nu à l’exception d’une ceinture, le bras fermement levé. A ses pieds gît un éléphant étendu, probablement mort.

Nous connaissons deux épisodes mettant en scène le Buddha, Devadatta et un éléphant, et un troisième où n’apparaît que le Buddha et un éléphant.

La première se déroule lors des concours précédant le mariage de Siddhārtha. Afin de prouver au père de Yaśodharā/Gopa que son futur gendre excellait dans les arts et qu’il était digne de sa future épouse, de nombreuses joutes furent organisées. Selon le Lalitavistara, Siddhārtha gagna l’épreuve de l’écriture, de l’arithmétique, de saut, de natation, de course, de lutte et de tir à l’arc. C’est lors de l’une de ces épreuves de force que son cousin Devadatta aurait tué un éléphant avec un doigt pour prouver sa valeur. En réponse, Siddhārtha aurait alors renvoyé le cadavre de l’animal hors des sept remparts de Kapilavastu avec le pouce du pied. Le second épisode se passe plus tard dans le récit légendaire, au moment où Devadatta aurait rejoint la Communauté lors de la première ou de la seconde conversion massive des fils des Śakya. Il avait franchi les quatre méditations et possèdait  dès lors certains pouvoirs magiques. D’après les textes, il tenta de créer un schisme dans la communauté et aurait réussi à emmener, pour peu de temps cependant, « 500 » dissidents avec lui. Dans ce contexte, des guets-apens véritables ou supposés auraient été ourdis par Devadatta. Après avoir envoyé des assassins, puis tenté de l’écraser avec un énorme roc au « Pic-des-vautours », il aurait, avec la complicité du roi, envoyé un éléphant rendu furieux pour le piétiner. L’aura bienveillante du Buddha aurait alors rendu la raison et apaisé l’animal

La posture de l’éléphant étendu sur le sol et le contexte architectural proposé par la présence de la porte de la ville permettent d’établir que notre relief représente sans doute celui de l’éléphant tué par Devadatta. Toutefois, le personnage est-il Devadatta, le cousin envieux, qui vient de tuer l’éléphant pour que sa dépouille empuantisse la ville ou est-ce le futur Buddha, se préparant à le jeter hors des sept remparts de Kapilavastu ? Siddhārtha comme son cousin sont représentés avec le simple dhotī lors d’autres scènes de « concours », comme par exemple sur le relief précédant. Seule la posture, qui nous paraît menaçante, nous fait pencher en faveur de Devadatta.


Observation :

Les reliefs en schite découverts par Barthoux entre 1926 et 1929 proviennent majoritairement des alentours du Grand Stūpa K1 de Tapa-i Kafarihā, du sud-ouest du stūpa principal B12 de Bāgh Gaï (autour de B13) et du Grand Stūpa TK140 de Tapa Kalān.

Etude comparative :
Référence(s) bibliographique(s) :
Monuments préislamiques d’Afghanistan - pl. II, n°5
Catalogue of the National Museum of Afghanistan (1931 – 1985) - 361, K.P. Ha. 939.6.