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Entre les IIe et IXe siècles de l'ère chrétienne, les monastères bouddhiques de Haḍḍa comptaient parmi les grands centres religieux qui accueillaient les milliers de pèlerins voyageant entre l’Inde et la Chine.

Haḍḍa, localisation perdue

Description :

Au moment du partage des trouvailles, précisé dans la convention signée en 1922 entre la France et l’Afghanistan, un grand nombre d’objets, environ 90% en stuc, fut envoyé du Musée de Kabul au Musée Guimet. Une liste les accompagnait, précisant la répartition des objets dans des caisses numérotées. Cependant, au moment où les caisses arrivèrent, Barthoux était absent. Il arriva que les objets furent déballés hâtivement afin de les exposer, et leur provenance fut perdue. Ceci dégrada les relations entre Barthoux et Hackin alors conservateur en chef, de qui émanait cette décision. L’hostilité grandit entre eux jusqu’à ce que Hackin tente d’éloigner Barthoux des objets qu'il avait découverts, en envoyant des centaines de modelages en stuc de part les musées du monde, mis en dépôt par arrêté ministériel[1]. Découragé, Barthoux  n’a jamais souhaité achever l’album photographique qui illustrait le volume sur les stūpa, ni le texte correspondant à l’album des figures et figurines.


[1] Voici une liste abrégée de ces mises en dépôt :

  • 1934, lettre de remerciement de septembre 1934 du directeur du Musée des Antiquités d’Istanbul pour la réception de quatre petites têtes de stuc des fouilles de Barthoux à Haḍḍa.
  • 1935, arrêté du 23 mai, mise en dépôt de 25 objets en stuc provenant des fouilles de Barthoux aux Musées Royaux de Belgique.
  • 1935, arrêté du 23 mai, mise en dépôt de 20 objets en stuc des fouilles de Barthoux au British Museum.
  • 1935, arrêté du 23 mai, mise en dépôt de 20 objets au Musée du Grand-Ducal du Luxembourg.
  • 1935, arrêté du 23 mai, mise en dépôt de 20 objets en stuc au Musée de Yale (Etats-Unis)
  • 1935, lettre de remerciement de juin du directeur par intérim adressée à J. Hackin pour la réception par le musée des Antiquités d’Istanbul de 7 stucs complétant la série déjà acquise.
  • 1936, arrêté du 17 janvier, mise en dépôt de 20 objets, la plupart en stuc, au Musée National de Stockholm.
  • 1936, arrêté du 17 janvier, mise en dépôt de 20 objets en stuc et en pierre (calcaire) à la Nelson Gallery of Art à Kansas City (Etats-Unis).
  • 1936, arrêté du 17 janvier, mise en dépôt au Musée de l’Ermitage de 20 objets en stuc et en pierre (schiste).
  • 1937, arrêté du 1er février, enlevé au Musée Guimet pour la légation de l’Iran de 16 terres cuites (en réalité en stuc)  et de 2 schistes.
  • 1939, arrêté du 1er août, mise en dépôt de 10 objets en stuc au Musée de Buffalo (Etats-Unis).
  • 1939, arrêté du 28 novembre, mise en dépôt, sans limite de date, à l’Institut Bouddhique du Phnom Penh (Karpelès) de 13 objets dont 12 en stuc.
  • 1939, arrêté du 28 novembre, mise en dépôt de 20 objets, dont la plupart en stuc au Musée du Pays Thaï-Thaïlande

De telles mises en dépôt continuèrent après la mort de J. Hackin :

  • 1955, arrêté du 16 novembre 1955, mise en dépôt de 5 objets dont 4 en stuc et un en calcaire (un fragment de la main courante de l’escalier de Chakhil-i Ghoundi, qui ralentit la restitution de l’escalier à partir d’autres fragments du Musée Guimet) au Musée de Tokyo.
  • 1970, arrêté du 11 mai, mise en dépôt de 8 objets de Haḍḍa (fouilles de J. Barthoux) dont 7 en stuc et 1 en schiste.