Sites

Entre les IIe et IXe siècles de l'ère chrétienne, les monastères bouddhiques de Haḍḍa comptaient parmi les grands centres religieux qui accueillaient les milliers de pèlerins voyageant entre l’Inde et la Chine.

Chakhil-i Ghoundi

Description :

On distinguait quatre parties dans la fondation bouddhique de Chakhil-i Ghoundi (abréviation : C) située à 1300 mètres au nord-est de Haḍḍa. Au centre, sur une aire bétonnée se dressait le stūpa principal C1 dominant les autres. L’escalier était placé à l’est, entouré au sud et au nord par des stūpa de petite taille, deux sur bases carrées et un sur base circulaire. Les contremarches de l’escalier de C1 étaient décorées de plusieurs scènes ; la première représentait plusieurs dionysiaques et la seconde figurait de gauche à droite la Vie de Palais, le Śibi Jātaka et l’Interprétation du Songe de la Reine Māyā. A l’ouest, la plate-forme s’étendait pour permettre la construction du stūpa C8. Au nord et au sud, le sol avait été considérablement remué par les fouilles attribuées à Simpson. La plate-forme était arrêtée brusquement par un mur épais, possible reste d’une première enceinte.

En contrebas se trouvaient des petits stūpa organisés sur une aire artificielle autour de l’un d’eux, légèrement plus grand, à l’orientation proche de celle du grand stūpa. Ce stūpa C25 était probablement le plus ancien de tous car il avait été à demi enfoui par la surélévation des édifices voisins. Cette disposition anarchique, désorganisée, ne laissait aucune place pour le chemin rituel de pradakṣiṇā.

La troisième partie se trouvait au nord, et correspondait à une série de trois salles en enfilades. Au-delà, en contrebas, une vaste chambre contenait deux stūpa.

Un escalier en terre, décalé par la dégradation de la plate-forme, était situé en face de celui du stūpa principal. Il donnait accès à un espace vide paraissant isoler l’édifice. Les fouilles précédentes semblaient avoir abîmé ce parvis qui avait révélé des restes de stūpa. Une marche permettait de sortir de cet espace. On descendait vers l’est une pente atténuée en cinq gradins. C’est à l’extrémité de cette pente qu’avait dû se trouver la porte d’entrée du site, mais il n’en restait rien. Ensuite commençaient les habitations du saṅghārāma : un long couloir menait à trois salles, dont deux allongées et parallèles. Notons que le relief en calcaire représentant l’Offrande d’une poignée de poussière (sur le registre supérieur) et le Premier Sermon de Bénarès (sur le registre inférieur) a été découvert sur C, mais sa provenance exacte a été perdue (Barthoux, 1933 : 40 et s.).

Plan de Chakhil-i Ghoundi dessiné par J. Barthoux (Barthoux, 1927).