Sites

Entre les IIe et IXe siècles de l'ère chrétienne, les monastères bouddhiques de Haḍḍa comptaient parmi les grands centres religieux qui accueillaient les milliers de pèlerins voyageant entre l’Inde et la Chine.

Tapa-i Kafarihā

Description :

Tapa-i Kafarihā (abréviation : K et K’) est un secteur très érodé. Au centre se trouve un groupe de stūpa entouré d’une enceinte (K). Au nord s’éleve une enceinte comparable (K’) et à l’est, un petit monastère est édifié. Entre ces structures se trouve une zone de vide assez curieuse, occupée au sud par des monuments isolés dont quelques stūpa. Seules les deux cours aux stūpa ont été déblayées. Au centre de l’enceinte la plus importante se trouve le stūpa principal, édifié sur une terrasse qui porte, de part et d’autre de l’escalier, des stūpa plus petits. C’est une disposition originale propre à ce site : la plupart du temps, les stūpa sont édifiés en devant des escaliers, mais à l’extérieur de la terrasse. Ce placement révèle qu’on avait prévu, dès le début, de laisser la place pour construire ces deux stūpa secondaires. Autour du stūpa principal, sur trois côtés, se trouvent d’autres stūpa alignés, excepté sur le côté sud. Sur les côtés est et sud, des chapelles et chambres spacieuses bordent la cour (à l’ouest et au nord-ouest, l’enceinte a disparu). Dans le coin sud-ouest, un escalier mène au faîte de l’enceinte. La rangée de chapelle a révélé des têtes plus soignées d’après J. Barthoux que celles trouvées dans la cour aux stūpa. La moitié de ces chambres contiennent des stūpa et des banquettes supportant des statues. La même disposition semble poursuivre le long du mur septentrional, mais il est démoli jusqu’au sol dès la seconde chambre. Il est possible que l’entrée ait été située à ce niveau, en face des escaliers du grand stūpa. Au delà de ce mur se trouve une bande étroite couverte de stūpa de taille moyenne, de même type que le stūpa principal, apparemment juxtaposés sans coordination.

Au nord se trouve une galerie enceinte qui a révélé de très nombreuses statues. L’entrée devait se situer à l’ouest. Un large couloir en L n° 48 débouche au Nord, de plein pied, dans la galerie n° 45 sur une estrade qui porte des grands Buddha adossés encadrant des chapelles et flanqués de Buddha accroupis. Cette disposition se poursuit le long du mur oriental où une porte permet de communiquer avec la partie consacrée aux stūpa. Aux extrémités de cette estrade haute comme une marche d’escalier et stuquée (comme le sol) se trouvent des stūpa. Dans le fond, au nord s’élève un mur puissant. La difficulté des fouilles dans ce secteur contraignit J. Barthoux à abandonner l’excavation ce qui, de son aveu, était fort regrettable car enfouies plus profondément, on aurait pu y trouver des statues entières. Une large porte au nord-est donne accès au second groupe de stūpa K’. Au centre de l’enceinte se trouve un stūpa de grande taille orienté au Sud, vers le grand stūpa de l’enceinte K. Il est de même entouré de stūpa plus petits disposés sur des plates formes allongées et alignées sur lui. A l’est et au nord, l’enceinte est démolie. Le monastère occupant l’autre coin ouvre sur la cour de cette enceinte. Il n’a pas été fouillé. L’aile orientale de l’enceinte principale a été cuite par un incendie, aussi murs, statues et stūpa y ont pris une couleur rouge brique (Barthoux, 1933 : 25 et s.).

Plan de Tapa-i Kafarihā dessiné par J. Barthoux (Barthoux, 1927).