Sites

Entre les IIe et IXe siècles de l'ère chrétienne, les monastères bouddhiques de Haḍḍa comptaient parmi les grands centres religieux qui accueillaient les milliers de pèlerins voyageant entre l’Inde et la Chine.

Tapa Kalān

Description :

Tapa Kalān (abréviation : TK), dont l'étude a été menée par Jules Barthoux, était l’un des sites les plus importants de la localité. Il mesurait plus de 120 mètres de long, formé par la juxtaposition de quatre fondations accolées. On abordait le site par l’Est au moyen d’un étroit couloir entouré de deux chambres et il fallait descendre une marche pour se retrouver en face du stūpa principal de la cour aux stūpa, le TK 68, lequel portait une représentation modelée de l’Attaque de l’Armée de Māra. Ce dernier était entouré d’une double rangée de stūpa, excepté au niveau de l’escalier afin de ne pas en gêner l’accès. Le sol était recouvert d’un enduit de stuc. La cour était entourée de chambres et de chapelles dans lesquelles de nombreuses statues furent découvertes. La fondation s’élargissait par des cellules ouvertes ou fermées, protégeant de nouveaux édifices. L’enceinte n’était pas rigoureusement carrée et des statues de Buddha parfois monumentales y étaient adossées, à l’intérieur comme à l’extérieur. Enfin d’autres stūpa étaient édifiés à l’extérieur des murs.

La fondation au nord, presque entièrement érodée, était peut-être la plus ancienne. On y avait retrouvé un stūpa, TK 1, renfermant dans sa maçonnerie un stūpa antérieur, TK 1a. On sait qu’il était inadmissible de détruire un stūpa, aussi construisait t-on par-dessus, en englobant la structure ancienne. Il est d’ailleurs à noter que de nombreux indices prouvent que les sites étaient en perpétuel agrandissement et objets de remaniements constants, ce qui n’est pas anodin pour notre étude. En effet, à chaque remaniement, c’est l’intégralité des sites qui étaient re-stuqués. Il faut donc garder à l’esprit que les modelages et les reliefs trouvés peuvent ne pas avoir été mis en place initialement et relever d’une réfection, ou ne pas avoir été réalisés en même temps que la surface sur laquelle ils sont appliqués et relever d’un ajout postérieur. Pour ces raisons, des statues ou des reliefs récents peuvent orner un monument ancien.

Au sud, deux fondations accolées abritaient des stūpa. La première contenant un stūpa de taille moyenne TK 140, autour duquel ont été retrouvés plusieurs reliefs en schiste représentant le Retour de Mayā vers Kapilavastu, l’Offrande des Quatre Bols et les Porteurs de Reliques. Il était entouré de chambres et de chapelles qui ont révélé des têtes. L’autre ne contenait qu’un seul grand stūpa, le TK 141. Stuqué, le sol qui l’entourait était damé en argile (Barthoux, 1933).

Plan de Tapa Kalān dessiné par J. Barthoux (Barthoux, 1927).